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« Connaitre la mort pour aimer la vie »

Sep 5, 2021

La mort ! Quoi ? Vous n’allez tout de même pas oser ! Si, si, je vais oser apporter ma pierre ! Je vous rassure tout de suite et en rapport avec le thème du jour pas très « catho », c’est un sentiment bienfaisant qui m’habite malgré tout. Je sens que ce sujet va être passionnant ! Au simple fait de penser « la mort » comme thème de ce nouveau article, l’idée de l’expression du « langage des oiseaux » a immédiatement fait tilt dans ma tête comme un interrupteur qu’on vient d’appuyer sur le bouton. Mon cœur a malicieusement souri car voyez-vous, si l’on se réfère sur l’expression du « langage des oiseaux » le mot MORT comporte le mot « OR » de l’or !!! En voulez-vous ? (rire). Ceux qui connaissent un peu ce langage, comprennent ce que cela veut exprimer. Rendez-vous compte, il y a de l’OR, dans le mot MORT ! Non mais je rêve ! Pas du tout ! Effectivement, décortiquer « la mort » de cette manière, ma foi, cela change tout !

« La Mort », bien qu’elle porte de l’ « OR » en son sein, elle est néanmoins quelque chose qui fait peur et elle fait mal. Tout comme « la ruée de l’or » dans le temps, elle fait peur et elle fait mal. Et comme c’est de la souffrance qu’elle nous apporte, alors, on préfère la dénigrer, la rejette, on évite même de parler d’elle bref, un sujet « Tabou » ! Surtout dans la société actuelle et plus particulièrement en occident. On préfère tournoyer autour d’elle comme une toupie sans vraiment rentrer dans son noyau pour puiser la richesse de ses enseignements, digne d’un Maître !

Si la mort fait partie intégrante de la vie, qu’est-ce qui fait que l’individu n’accepte pas la mort! Alors qu’il sait très bien qu’il va vers ? C’est une des questions que j’ai posé aux deux intervenants lors d’une formation dans les EHPAD. Ils ne m’ont pas répondu tout de suite, ils m’ont observé puis m’ont répliqué : « la réponse madame se trouve dans votre question ». Une manière courante pour se défendre afin d’éviter la question dans laquelle ils n’ont pas de réponse et stopper tout nettement !

Eh bien, laissez-moi vous exprimer ma toute première expérience avec la mort ! En tout cas elle ne m’a pas du tout traumatisé ! C’est tout le contraire ! Il ‘s’agit du décès de ma grand-mère paternelle ! A l’époque j’avais 13 ans. Bien que je ne sois pas très proche d’elle, sa vie néanmoins m’a marqué. C’est une dame très pieuse que j’aurai aimé qu’elle soit épargnée de son vivant de la souffrance. Toutes les nuits on l’entend lire à haute voix les passages bibliques. Au fait elle passe ses journées et ses nuits rien que pour ça ! Lire, prier et méditer ! Manger oui, un pain auquel elle trempe dans de l’eau sucré et cela lui suffit.

Malgré la tête en l’air que j’étais, il y avait des choses que j’observais au sein du quartier familial dans lesquelles je n’étais pas du tout en accord ! Mais bon, quand on est petite on reste petite et « on la boucle » ! Ma grand-mère ne souffrait pas pour elle, elle souffrait de voir ses enfants mes oncles, mes tantes, mes parents, se chamailler, se déchirer, se battre en famille à cause de l’alcool. L’alcool !!!!!!!!! Quelle bordelle que cette chose ! Ça commence toujours par tout va très bien « madame la marquise » et puis pas besoin de vous raconter les détails, vous voyez la suite !

Non, ne vous inquiétez pas je n’en bois pas ! Dieu merci ! Quand il se passe des disputent dans le quartier familial, il faut voir l’état de ma grand-mère ! Elle ne peut pas bouger, même pas de force, ni de voix pour dire « arrêtez s’il vous plait ». Tout ce qu’elle fait sortir de ses poumons c’est de l’essoufflement et des torrents de larmes ! Voir ma grand-mère dans cet état, et ce dégât familial autour de moi, c’était tout mon être qui en prenait un grand coup ! Un grand coup de massue ! Pitié !!!

Grâce à ma grand-mère, j’ai beaucoup observé à cet âge ce qu’était la souffrance avant la mort. A en croire, ce n’est pas la mort qui est vilaine mais bien la souffrance qui est laide et qui vous joue des tours! Quand ma Grand-Mère était morte la famille pleurait de toutes les larmes du cœur, dans son lit de mort. J’était triste de les voir pleuré ainsi! En revanche, j’ai constaté combien ma grand-mère après la souffrance qu’elle venait de traverser, était d’une beauté époustouflante ! J’étais moi-même étonné de leurs pleurs !

Je n’ai versé aucune larme et j’étais vraiment la plus heureuse au point de me dire « suis-je quelqu’un de normal » ? La mort, ça doit me faire pleurer puisque tout le monde pleure ? J’avais la conception de la mort différente de la leur et paradoxalement je les comprenais ! C’est ce que « la mort » m’a enseigné ce jour-là : Au travers de ma grand-mère, elle n’est pas la souffrance, elle est une beauté qui a embellit son corps en un éclair. Elle l’a élevé, elle l’a libéré pour s’envoler vers l’au-delà.

En tant qu’Aide-soignante dans les EHPAD c’est exactement les mêmes sentiments qui m’habitent face à la mort. Ce n’est pas la mort qui est laide mais bien la souffrance que la personne souffrante doit traverser. La mort ? Elle est comme nous les soignants, elle attend ! Et quand elle se manifeste enfin, vous êtes submergé par des sentiments mitigés ; entre la paix d’avoir accompagné jusqu’au bout la personne et la douleur de la famille. On lui doit un grand respect, pas seulement à la personne décédé, mais à « la mort » elle-même ! « Notre sœur la Mort » Elle ne fait que son travail qui nous dépasse.

Un Être très cher que je suis encore aujourd’hui disait dans une de ses conférences à propos de la mort : « Si je venais à quitter la terre, ne pleurez surtout pas. Faites la fête, dansez, allumez les bougies, chantez, dansez » ! Ma Mère il n’y a pas longtemps me disait également : « quand je partirai je veux que la joie t’habite » Je n’en ai pas fait une « pat à caisse » j’ai tout simplement saisi le message. N’est-ce pas là une manière de rendre honneur à la mort ? Des Etres comme ces deux Femmes, ces deux Mères qui ont saisi la profondeur de l’illusion de la mort.

A bien y réfléchir qu’est-ce vraiment L’OR dans ce mot MORT ? « C’est rentrer à la maison » ! Dans ce sens la mort n’est pas la mort. Car tout est vie même la mort! Rentrer à la maison du Père/Mère, notre chez-soi authentique » cela vaut tout l’OR du monde ! Car là est vraiment LA VIE ! Cette VIE auprès du Père/Mère vaut de l’OR !!!

Photo Valentine Emma